ALGERIE LA NUIT DU CHAABI

Malya Saadi chant H’ssicen Saadi chant, mandole Mehdi Ferhat mandole, banjo Zino Kendour piano Rafik Kasmer qanoun Redouane Nehar basse Khaled Akboudj banjo Youcef Grim percussions Nasser Haoua derbouka

Spécial 30e anniversaire Méditerranée 

  • 17h projection du film EL GUSTO de Safinez Bousbia, 2012 en présence de la réalisatrice (sous réserve)
  • 19h LE CHAÂBI D’ALGER Malya & H’ssicen Saadi

  • 21h méchoui

 

A la suite de la dissolution du groupe “le Chaâbi au Féminin” le collectif d’Amdathtra est heureux de maintenir le programme en présentant la formidable chanteuse de Chaâbi au féminin Malya Saadi qui se produira en solo et en duo avec son père H’ssicen Saadi, grand nom de la musique algéroise qui donnera également un solo, et leurs musiciens dans une ambiance de fête aux parfums méditerranéens.

Né de la musique arabo-andalouse, élevé dans les cafés enfumés de la Casbah d’Alger, devenu majeur dans ceux de Barbès, le puissant Chaâbi a grandi dans un monde aux scènes sans femmes. Pourtant, ce blues maghrébin s’avère animé par une poésie profondément lyrique qui sied à merveille à une voix féminine comme celle de Malya Saadi. Avec son père H’ssicen et leurs musiciens, ils nous promettent une magnifique nuit du Chaâbi. 
 
 

Le Chaâbi

Encore aujourd’hui le chant urbain algérois continue de rythmer la vie des ruelles de la Casbah, son berceau géographique et de certains quartiers de Mostaganem, de Blida et de ses venelles ou de la haute ville de Tizi-Ouzou. Le genre, apparu au début du 20ème, siècle a su capter l’héritage des poèmes chantés melhoun et a connu ses véritables heures de gloire à l’aube des années 1930-1940 sous la houlette de El-Anka, le Phénix, son plus illustre représentant.

Côté thématique, les textes parlent de l’amour du prochain et de l’amour tout court, de l’attachement à Dieu et de la nécessité d’une morale saine, tout en perpétuant la tradition orale : proverbes, maximes et fables foisonnent dans l’œuvre Chaâbi. La diction affectée des classiques a été remplacée par des intonations vocales porteuses de tout ce que le discours cru hésite à rendre. Bref, voilà une musique audacieusement dépoussiérée et libérée de pas mal d’archaïsmes, prête à séduire un large auditoire, d’autant que son nom sonne bien : Chaâbi, c’est à dire populaire. El-Anka, virtuose du mandole qui a supplanté le luth, s’emploiera à faire déferler le Chaâbi dans les quartiers populaires et à le verser en « baume » à l’oreille du « petit peuple ». Le succès est immédiat. Dans les années 1950-1960, le Chaâbiaffirme de plus en plus sa personnalité, conquiert son autonomie et d’autres artistes affluent pour grossir ses rangs.

Bien des morceaux ont été adoptés par les tenants du courant judéo-maghrébin comme Reinette l’Oranaise, Blond-Blond, Luc Cherki, René Pérez ou Lili Boniche. Débordant les frontières, le Chaâbi trouvera, au sein de la communauté immigrée, des relais efficaces en les personnes de Cheikh El Hasnaoui et Dahmane El-Harrachi, dont la chanson Ya Rayah est devenue internationale après sa reprise par Rachid Taha. Le film et le spectacle El Gusto y ont également apporté une belle et solide contribution.

Le chaâbi chanté par les femmes respecte la formation musicale traditionnelle et leur permet de prendre leur place dans cette musique sans cesse renouvelée, dans la tradition réinventée.

 Malya Saadi a toujours baigné dans la musique. A Alger, son père H’ssicen Saadi, grand auteur compositeur et interprète du Chaâbi, la sensibilise à cette musique restée jusqu’alors l’apanage des hommes et lui transmet le répertoire. A l’âge de 14 ans, elle quitte Alger pour suivre ses études de musique en France où elle découvre de nouvelles formes musicales. Mais le Chaâbi coule dans ses veines. En 2003, elle est invitée à participer au festival de la femme Algérienne, un événement pionnier pour sa carrière musicale. Son album Ya Bhar paru en 2013, véritable mosaïque aux multiples influences, connait un franc succès surtout avec l’audace dont elle accorde le Chaâbi au féminin ! Y figure son interprétation magistrale du grand classique Sobhan Allah ya l’tif du maître El Anka, qui a conquis jusqu’au plus fin connaisseur du répertoire Chaâbi. Malya Saadi participe à la création, en 2013, du groupe « Le Chaâbi au féminin », dissous en automne 2016.

H’ssicen Saadi, enfant du peuple né dans une famille de la Casbah, est bercé dès son plus jeune âge par les qacidates populaires du patrimoine algérois grâce à sa mère. A douze ans, il décide de consacrer sa vie à ses deux passions : la musique et la peinture. Il est vite repéré par El Hadj M’Hamed El Anka, père du Chaâbi, qui le convainc d’intégrer le Conservatoire National où il vient d’ouvrir une classe. H’ssicen devient l’un de ses meilleurs élèves. C’est vers lui que le grand maître El Anka se tourne quand, vers la fin de sa vie, la fatigue l’oblige parfois à céder la direction de son orchestre, comme lors de sa dernière apparition en public, à Annaba, en 1977. Premier prix du Conservatoire d’Alger en 1969, H’ssicen Saadi prend dès lors son envol et sort son premier 45 tours, tandis qu’il enregistre pour la télévision nationale. Il collabore pour cela avec les plus grands auteurs algériens, tels que Mahboub Stambouli, Mahboub Bati ou Mustapha Toumi, qui lui confie la célèbre chanson Rayha win dont il est le premier interprète. Sa carrière est longue de 50 ans.

 

El Gusto filmde Safinez Bousbia 2012 - 88’

Le film El Gusto est l'histoire d'un groupe de musiciens juifs et musulmans que l’Histoire a séparés il y a cinquante ans, puis réunis sur scène pour partager leur passion commune : la musique Chaâbi. El Gusto, cette « joie de vivre » par définition, est aussi l'histoire d'un rêve devenu réalité. Un message fort pour la jeune génération : il n'est jamais trop tard pour être récompensé dans ses rêves les plus fous : amitié, musique, amour.

Date

25 mars 2017
à 17h00

Location

Par téléphone:
Octogone - 021 721 36 20 
FNAC       - 021 213 85 86
En ligne:
www.theatre-octogone.ch
http://ch.fnacspectacles.com/